​Avec Jacques Robert, le monde équestre perd l’une de ses plus belles figures

Crédit : Jean-Louis Perrier

Jeudi 16 mai - 11h25 | Sébastien Roullier (avec Daniel Koroloff)

​Avec Jacques Robert, le monde équestre perd l’une de ses plus belles figures

Cavalier émérite, instructeur renommé et ancien vice-président de la Fédération française d’équitation, Jacques Robert est décédé hier, à l’âge de soixante-dix-huit ans. Homme profondément enthousiaste et énergique, frère aîné de Michel Robert, ce passionné laisse un grand vide dans le monde équestre, en Rhône-Alpes bien sûr mais aussi bien au-delà.

Cavalier, compétiteur, mais surtout enseignant d’équitation, écuyer-professeur titulaire du BEES 3, Jacques Robert était aussi chef de piste National Élite. Jusqu’à 2016, il était également vice-président de la Fédération française d’équitation (FFE), en charge du haut niveau, et président de la commission technique dédiée au hunter, discipline très formatrice dont le développement lui tenait très à cœur. Il avait d’ailleurs présidé la commission hunter de la Société hippique française. On e souviendra encore qu’il avait œuvré sans relâche pendant des décennies au développement du Jumping de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, où il vivait depuis très longtemps, entouré de son épouse Martine, de ses filles, de son fils et de ses petits-enfants.
 
“Enseignant est mon premier métier! J’ai commencé lorsque j’avais dix-huit ans. Mon père avait monté un centre équestre à Chambéry et toute la fratrie a donné un coup de main. Puis je suis parti à l’armée en Algérie. À mon retour, à vingt et un ans, j’ai passé le monitorat et j’ai travaillé dans le club familial pendant dix ans, jusqu’en 1968. Le club a ensuite été délocalisé à Aix-les-Bains, où je suis resté pendant deux ans. En 1970, je suis arrivé à Bourg-en-Bresse et suis devenu le directeur du centre équestre des Vennes (siège de la Société d’équitation bressane, où le Jumping a longtemps eu lieu, avant d’être délocalisé il y a deux ans à Ainterexpo, ndlr). Je suis à la retraite depuis 2002 mais un professeur ne s’arrête jamais! (rires) Je continue donc via des stages, notamment de hunter. Pour la FFE, je me déplace régulièrement dans les territoires et départements d’outremer, à la Réunion, en Guyane, en Martinique, à la Guadeloupe, et également à Maurice. Là-bas, je suis le porte-parole de la Fédération, qui se doit d’être proche de tous ses clubs. Mon expérience d’enseignant et de directeur de club me permet de coller au plus près de la réalité du terrain”, racontait ce grand homme de cheval dans un entretien accordé à GRANDPRIX en 2010.
 
“Militant de la cause équestre, il a présidé le Syndicat des enseignants (SNCEA) de 1978 à 1988. Très vite élu au sein de la Ligue régionale, puis du Comité régional d’équitation du Rhône-Alpes, il est devenu membre du bureau de la FFE sous la présidence de Raymond Brousse en 1990. Membre du comité puis du bureau fédéral, il en est devenu vice-président. Également mobilisé sur la qualité des compétitions offertes aux cavaliers de club, il a assuré, depuis sa création, la présidence du Generali Open de France Club avec la courtoisie et la diplomatie qui le caractérisaient. Il a mis son expertise au service des cavaliers ultra-marins lors de missions techniques dans les différents DROM. Il a créé pour eux les championnats de France Outre-Mer et s'est investi dans le Mondial des clubs pour nos amis étrangers. Très impliqué dans la vie fédérale, il a été de ceux qui ont permis le rapprochement des familles poney et cheval au sein de la grande fédération issue de la fusion des deux délégations poney et cheval en 2000. Il a contribué dans sa fonction de vice-président chargé du haut niveau à faciliter le dialogue entre toutes les disciplines et toutes les parties prenantes”, salue ce midi la FFE dans un communiqué. Pour tous ces services rendus à l’équitation, il avait reçu les médailles de la Jeunesse et des Sports de bronze en 1981, d’argent en 1994 et d’or en 2002 et la médaille d’honneur de la FFE en 2018.

Encore en pleine forme il y a quelques mois, Jacques Robert a subi une lourde intervention chirurgicale il y a quelques jours, dont il ne s’est pas réveillé, et il nous a malheureusement quittés hier, dans sa soixante-dix-neuvième année. Ce matin, toute la filière équestre, dans sa région et partout en France, pleure un homme impliqué, énergique, profondément passionné et enthousiaste qui lui a tant apporté. GRANDPRIX adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses nombreux amis.

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