“Franchir les dix ans d’existence est une belle étape”, Anouk Blain-Mailhot

Crédit : EEM

Jeudi 29 novembre - 17h43 | Propos recueillis par Lorène Faucompré

“Franchir les dix ans d’existence est une belle étape”, Anouk Blain-Mailhot

Le Longines Masters de Paris, événement pionnier de la série, fête ses dix ans cette année. C’est l’occasion pour Anouk Blain-Mailhot – responsable sponsoring et marketing des Longines Masters Series, pour EEM– de nous conter l’histoire de ce circuit.

GRANDPRIX-Replay.com : Depuis dix ans, Christophe Ameeuw, fondateur et PDG d’EEM, s’est donné pour mission de réinventer le saut d’obstacles et de porter les sports équestres sur le devant de la scène internationale. Quand et comment avez-vous intégré cette équipe et cette aventure ?
Anouk Blain-Mailhot : J’ai intégré l’équipe en 2012, au moment où EEM est parti à la conquête de l’Asie. J’avais déjà une expérience dans ce pays, car j’ai habité et travaillé pendant huit ans à Hong Kong et Singapour. J’ai également œuvré pour un groupe de luxe pendant quinze ans. J’ai combiné mon expérience dans ce domaine avec ma connaissance de l’Asie et mon bagage équestre, étant moi-même une ancienne cavalière. Il a été intéressant d’adapter le concept au marché asiatique, qui est assez différent, où la communauté équestre est beaucoup plus réduite qu’en France ou aux États-Unis, par exemple. Le but était de créer un concept global, mais avec une saveur locale. 
 
GPR. : En 2013, EEM est parti à la conquête de nouveaux continents et développe le futur circuit des Longines Masters à l’international, avec une première étape asiatique à Hong Kong. Le cavalier français Patrice Delaveau a marqué les esprits en y remportant quatre épreuves, dont le Grand Prix Longines avec Lacrimoso 3*HDC. N’était-ce pas là de bien bel augure pour la suite de la collaboration avec Longines, votre nouveau partenaire ?
A.B-M. : L’étape hongkongaise a été le début de ce grand Chelem à l’international. L’objectif de Christophe Ameeuw était de donner une résonnance continentale et internationale à chaque étape, à l’image de ce qui peut se faire en tennis. La première édition d’Hong Kong a en effet était incroyable, Patrice s’est dit “touché par la grâce” car il a remporté quatre des six épreuves ! Cela a donné une saveur particulière à cet évènement et le public hongkongais a vraiment eu le sentiment d’être devant du grand sport, avec un grand champion. Le concours a d’ailleurs été extrêmement bien relayé par la presse en Asie. C’était un brillant succès pour cette première édition. Pour autant, il a été difficile d’implanter les Longines Masters à Hong Kong, car il y a des contraintes logistiques et de quarantaine pour les chevaux. Nous étions vraiment partis à la conquête d’un nouveau continent ! Le public hongkongais avait pu découvrir les sports équestres au sein de leur ville lors des Jeux olympiques de Pékin, en 2008, mais il était relativement ignorant de ce sport. Aujourd’hui, c’est un public fervent, qui est attaché à ce grand évènement, haut de gamme, qui est devenu “the place to be”.
 
GPR. : En 2014, les États-Unis ont accueilli la troisième étape du circuit, le Longines Masters de Los Angeles. L'événement a remporté un franc succès et été élu meilleure compétition indoor de saut d'obstacles en Amérique. Le circuit est désormais implanté sur trois continents et rayonne à l’international, comme le souhaitait M. Ameeuw. Quelles sont les clés de cette réussite ?
A.B-M. : À l’instar des premiers concours 5* organisés en Asie, nous avons également été les pionniers en ce qui concerne la côte ouest américaine. À Los Angeles, nous étions là pour présenter les Longines Masters, qui sont vraiment uniques et qui n’avaient rien à voir avec les compétitions que le public ouest-américain avait l’habitude de voir jusqu’ici.Grâce à la proximité avec Hollywood, nous avons eu la chance d’avoir la venue de beaucoup de stars, cela a apporté du cachet et de l’attention à l’événement.
Concernant les clés de la réussite, je dirais que c’est vraiment d’appliquer notre recette, qui allie le meilleur du sport et tout ce qui va autour, le côté lifestyle, le village, les activités, et la mise en scène du sport. Los Angeles a été un évènement à succès dès le début (l’étape américaine se déroule désormais à New York, ndlr). Les tribunes sont toujours remplies et c’est très important pour nous. On ne peut pas imaginer du grand sport sans public. Nous faisons beaucoup d’effort en termes de promotions, pour faire connaitre l’évènement. Nous souhaitons rallier la communauté équestre ainsi que ceux en dehors de notre cœur de cible mais qui sont attirés par une expérience unique et par un grand rendez-vous, qui a lieu tous les ans.

“Nous travaillons main dans la main avec Longines”

GPR. : En 2015, Longines devient partenaire en titre des Longines Masters sur les trois continents. Le circuit met en avant trois cultures et trois villes emblématiques, comme le souligne son slogan, “We Ride The World”. En 2017, l’étape américaine se déplace à New York. Prévoyez-vous un jour de créer une nouvelle étape sur un quatrième continent ?
A.B-M. : 2015 a en effet été une grande année. Notre Grand Slam a été reconnu officiellement par la FEI. Longines, qui était notre partenaire en titre à Hong Kong et à Los Angeles, est devenu partenaire en titre des trois étapes. Nous avons ainsi pu créer la marque et l’identité Longines Masters. Nous travaillons main dans la main avec Longines. Ensemble, nous continuons d’appliquer nos recettes à nos compétitions emblématiques. Nous proposons le meilleur du sport, du spectacle, et toutes les expériences lifestyle qui vont autour. Nous sommes en effet sollicités pour mettre en place d’autres étapes sur d’autres lieux, nous voulons bien évidement continuer à développera notre série mais nous ne cherchons pas à créer de multiples étapes à tout prix, ce n’est pas du tout notre démarche. Néanmoins, nous gardons un esprit ouvert et cherchons que les conditions soient réunies et nous étudierons le cas si une belle opportunité se présente.
 
GPR. : Que vous apporte votre partenariat global avec Longines ?
A.B-M. : Longines est aujourd’hui un partenaire qui nous offre un énorme soutien pour notre sport et pour notre industrie. Notre meilleure crédibilité reste la qualité de nos partenaires, et Longines est de fait un partenaire absolument exceptionnel. Nous travaillons ensemble pour développer la marque des Longines Masters. Ces derniers constituent le haut de la pyramide de tous les évènements Longines organisés durant l’année, c’est le rendez-vous festif, glamour, et ultra premium par excellence.

GPR. : La Riders Masters Cup a été créée l’année dernière. Présentée en collaboration avec la Fédération équestre européenne, cette épreuve oppose les deux grandes puissances des sports équestres, l’Europe et les États-Unis. Avez-vous pu enregistrer une hausse d’audience grâce à cette nouvelle épreuve ? La formule sera-t-elle identique cette année ?
A.B-M. : La Riders Masters Cup correspond vraiment aux projets d’EEM de créer une épreuve ludique et facile à comprendre pour le public. Dans n’importe quel sport, on a envie de soutenir son équipe et son drapeau. Paris sera la troisième édition de cette compétition. Le concept est de plus en plus médiatisé, cela plaît beaucoup aux télévisions car c’est un format court et dynamique. On sent bien qu’il y a un réel engouement, les cavaliers ont envie d’en faire partie et les chefs d’équipe jouent complètement le jeu ! Cette année, nous avons fait de petites modifications dans le système de point mais, sinon, rien de majeur. La Riders Masters Cup joue sur la montée en puissance, qui va de l’annonce des shorts list jusqu’à la sélection des équipes, avec toute la mise en scène qui va autour. À New York, cette compétition a été l’une de nos meilleures soirées par exemple, le public s’est vraiment pris au jeu des drapeaux. Nous sommes à 2-0 pour l’Europe et je pense que les États-Unis ont envie de prendre leur revanche ! Nous sommes très enthousiastes par ce début, et nous pensons que la Riders Masters Cupva devenir une grande compétition. 

“Villepinte correspond à l'endroit où nous devons être”

GPR. : Paris accueille cette année la quatrième saison des Longines Masters et propose trois niveaux de compétitions, les  CSI 1*, 2* et 5*, ce qui promet un beau plateau de cavaliers. Avez-vous prévu des nouveautés pour cette nouvelle saison ?
A.B-M. : Nous restons dans le schéma des trois catégories. Le CSI 1* correspond à l’élite des cavaliers amateurs. Les CSI 2* sont aussi très importants car c’est l’antichambre du 5*. Nous y voyons évoluer les jeunes champions de demain, ou alors des cavaliers 5* avec des jeunes chevaux. Cette catégorie constitue vraiment la pépinière de champions ! Le CSI 5* est réservé aux plus grands cavaliers, avec nos propres formats, dont la Riders Masters Cup, le Longines Speed Challenge, et le Masters Power (remis au goût du jour l’année dernière, la Puissance se présente sous la forme d’un concours en hauteur, ndlr). Cette année, c’est la dixième édition de Paris ! Dans la vie d’un évènement sportif, franchir les dix ans d’existence est une belle étape. Nous prévoyons une grande soirée pour samedi soir, une fête dans le village qui mélangera lifestyle et sport.
 
GPR. : Le Longines Masters de Paris pourrait-il un jour déménager de Villepinte et voler de ses propres ailes ? Si oui, avez-vous des lieux en tête ?
A.B-M. : Villepinte offre les meilleures conditions possibles, d’un point de vue logistique, place, et concomitance avec le Salon du cheval, qui est l’un des plus grands rendez-vous équestres au niveau européen. Nous sommes un peu loin de Paris, certes, mais nous envisageons cela d’un point de vue plus global, plus européen et international. Villepinte correspond à l’endroit où nous devons être, il n’y a pas de doutes là-dessus.
 
GPR. : Christophe Ameeuw prépare déjà l’avenir. Il a choisi de s’associer avec Arqana, l’agence de ventes aux enchères de chevaux de course pour créer un programme innovant de ventes de chevaux de sport. Pouvez-vous nous en dire plus sur The Auction, ce programme qui se déclinera en deux événements pour l’année 2019 ?
A.B-M. : Christophe Ameeuw a annoncé il y a deux semaines une association avec Arqana (le spécialiste des ventes aux enchères de chevaux galopeurs à Deauville, ndlr). Le concept est inspiré de ce que fait déjà Arqana dans le milieu des courses. L’idée est de faire évoluer le commerce des chevaux et d’apporter une transparence dans l’achat des chevaux de sport. Le 15 février 2019, dans le cadre de l’Asia Horse Week et des Longines Masters de Hong Kong, une vingtaine d’embryons emblématiques des plus grands noms du saut d'obstacles seront mis aux enchères. Les inscriptions pour cette vente sont en cours et le catalogue sera dévoilé au début du mois de décembre. Le 11 décembre 2019, après l’étape des Longines Masters, une sélection de yearlings et de performers d’exception sera proposée à la vente à Paris.
C’est un peu ce qu’a fait le partenaire Artcurial, dans le domaine de l’art. Nous souhaitons mettre en œuvre une approche pédagogique pour accompagner les vendeurs vers le marché public et ouvrir l’investissement dans l’univers du cheval de sport à une nouvelle clientèle, française et internationale.

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